Une institution pas comme les autres

Beaucoup de chrétiens parlent de l’Église comme d’une réalité extérieure à eux-mêmes. Pourtant, par leur baptême, ils ne sont pas seulement membres de l’Église ; ils sont l’Église. C’est comme de sa propre famille : une réalité que l’on n’a pas choisie, qui connaît des joies et des peines, des lumières et des ombres. Comme dans toute famille, on n’est pas fier de tout, mais elle est notre famille et on aime ce groupe humain qui avance, cahin-caha, qui se porte et se supporte ! Lorsqu’un membre tombe, c’est la famille entière qui est blessée ; lorsqu’un membre fait le bien, la famille entière en est honorée.

La tentation de l’abandon guette les disciples du Christ depuis les origines. Elle peut prendre plusieurs formes, de la crispation à la dilution. En face, nos adversaires s’en donnent à cœur joie pour remettre en cause la doctrine de l’Église, salie par les scandales et l’infidélité de tel ou tel. A l’intérieur, certains tombent dans le piège : ils affadissent le message ou bien n’osent plus le proclamer dans son exigence tellement il contredit l’esprit du monde.

En donnant à ses apôtres la mission d’être lumière pour ce monde et sel de la terre, Jésus ne leur dit pas comment faire. Il leur dit juste quoi faire : « Allez baptiser les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Le Christ leur fait confiance et leur promet juste une chose afin d’accompagner l’enthousiasme et les persécutions : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ». Ce sont ses derniers mots, juste avant de monter vers son Père.

Il reste donc impossible de séparer l’Église du Christ. Sans la foi, on n’y voit simplement qu’une institution critiquable, comme toute institution. Elle est pourtant humaine et donc fragile mais aussi divine et sainte, choisie et voulue par le Christ, toute brûlante de l’Esprit Saint.

Elle n’a pas été inventée accidentellement par les hommes comme une verrue sur l’évangile ! Lorsqu’il la fonde, Jésus appelle Pierre, Judas et les autres. Le reniement du premier et la trahison du second n’ont jamais été occultés. Quand on est disciple du Christ, on n’a pas peur de la vérité qui rend libre. Cette vérité nous fait aussi contempler les multiples exemples de sainteté qui ont parsemé les siècles de son histoire.

L’Église est le peuple de Dieu : non pas parce que nous sommes les propriétaires de Dieu et de son message mais parce que l’Église est la propriété de Dieu. C’est Lui qui, en premier, a pris l’initiative de nous rassembler. Non pas pour faire du chiffre mais pour dire, en son nom, ce qui est vrai et bon pour l’homme. Même si les ténèbres semblent épaisses, nous ne marchons pas à l’aveuglette. Nous savons où nous allons : à la Rencontre du Christ qui, lui, vient au-devant de son Église pour l’assister.

L’abbé Christophe Kowalczyk- curé

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